Au delà du gluten

Posted in: Articles Santé, Babillard- Mar 13, 2015 Pas de commentaires

 

Le blé; un porte –malheur pour certains

On est loin de l’époque où l’on offrait une gerbe d’épis de blé comme porte- bonheur à notre voisin. En ces temps, le blé moderne figure au banc des accusés  pour contribuer à une pléiade de maladies. Le blé d’aujourd’hui,  est génétiquement modifié,  et comme si cela n’était pas suffisant, il contiendrait plus de gluten et s’avèrerait donc plus toxique qu’il ne l’était déjà auparavant! Cela expliquerait peut-être la progression fulgurante des cas d’intolérance et de sensibilité au gluten.
La tendance est ,de ce fait ,à la nouvelle cuisine sans blé, sans gluten, celle-ci favorisant la perte de poids, la lutte contre l’inflammation et la diminution de nombreux symptômes liés aux problèmes digestifs et au côlon irritable dont les gaz , les ballonnements, les douleurs abdominales, les diarrhées ou la constipation. Il n’est pas nécessaire d’être atteint de la maladie cœliaque pour devenir adepte de ce régime vraisemblablement souverain.

Mais attention!  Sans gluten ne favorise pas toujours la santé. Beaucoup de produits sans gluten augmentent la glycémie  puisqu’ils renferment beaucoup de sucre raffiné, du maïs génétiquement modifié et du riz blanc poli.

Qu’est ce que le gluten?

  • Le gluten est une protéine végétale retrouvée dans plusieurs grains dont le blé , l’orge, le seigle, le triticale, le kamut et l’épeautre, bien que celui-ci soit mieux tolérés dans certains cas. En ce qui concerne l’avoine, bien que sa structure protéinique soit bien tolérée, il y a risque de contamination,  alors il convient de s’en méfier lorsque l’on est intolérant au gluten : il faudra  donc rarement l’exclure, mais toujours la consommer avec modération.
  • Il est à noter que chaque céréale a SON gluten, parce que chaque céréale a SES protéines bien spécifiques, dans un rapport bien particulier. Même les céréales baptisées sans gluten et disculpés sans l’ombre d’un doute telles que le riz et le quinoa par exemple contiennent des protéines pouvant causer aussi  parfois des réactions  d’intolérances.
  • Le terme gluten en latin signifie glu, colle, et le gluten se divise en deux groupes soit les prolamines et les gluténines. Les gluténines, ont justement la particularité notable, de pouvoir donner aux aliments une excellente tenue et une belle élasticité.  La famille des prolamines a été la plus étudiée  dont notamment la gliadine,  qui est la plus toxique et  particulièrement responsable des allergies au gluten et de la maladie de cœliaque.

Tous les glutens ne participent donc pas aux maladies dites « intolérances au gluten ». En effet, il est des prolamines et des gluténines accusées, avec force à l’appui .Ces glutens que l’on vise généralement sont sans aucun doute en cause mais sachez que certains peuvent réagir  également à d’autres protéines végétales. De toute évidence, une personne qui est intolérante aux grains dont principalement le gluten  peut afficher tous les symptômes  de la maladie Cœliaque  incluant des douleurs articulaires, une prise de poids et des désordres de santé mentale telles que la dépression.

Les défis de l’hyperperméabilité intestinale

Plusieurs études prouvent en effet que lorsqu’il est mal dégradé, le gluten provoque des lésions à l’intestin  en atrophiant  les microvillosités  de la muqueuse. C’est ainsi que l’on  confirme d’ailleurs une entéropathie  aussi appelée maladie cœliaque ou une intolérance sérieuse au gluten. Les personnes atteintes de la maladie céliaque doivent conséquemment éliminer complètement le gluten de leur alimentation. Par ailleurs, il est à souligner que près du tiers de la population réagit mal à une consommation excessive de gluten.

Bien que la maladie cœliaque, connue depuis déjà plus d’un siècle, touche moins de 1% de la population occidentale, il ne faut pas ignorer le fait que 70% de la population à ce jour présente une hyperperméabilité intestinale (porosité ou perte d’intégrité de la paroi de l’intestin) accompagnée de dysbiose (débalancement de la flore intestinale normale) et ce, sans aucun diagnostic de maladies intestinales. Des mauvaises habitudes alimentaires, le stress, la prise de médicaments prescrits tels que les antibiotiques, les antidépresseurs, les anti-inflammatoires et les corticostéroïdes ou encore la présence de  faiblesses métaboliques inhérentes tels que des problèmes de foie et de vésicule biliaire, une insuffisance enzymatique ou encore une carence nutritionnelle occasionnant d’autres intolérances alimentaires en sont la majeure cause.

 

Les deux conditions digestives ci-haut mentionnées sont malheureusement  insidieuses et s’avèrent  aussi indésirables puisqu’elles présentent des risques insoupçonnés à la santé en augmentant le processus inflammatoire de l’organisme. Plus on mange moderne, plus on n’a une mauvaise assimilation : plus on est carencé, plus les microvillosités  sont défectueuses,  et moins on peut absorber et digérer correctement des produits qui sont au départ, plus ou moins facile à dégrader de ce fait. Cela aboutit à une détérioration de la muqueuse intestinale. On crée alors rapidement une hyper perméabilité intestinale.

Quand l’intestin voit sa perméabilité augmenter –(le gluten n’étant pas à lui seul à l’origine de cette augmentation de la perméabilité )–,d’autres facteurs y participent en l’agressant si bien que des fragments passent au travers des jonctions serrées. Ces fragments rencontrent alors une enzyme appelée transglutaminase tissulaire 2 qui modifie légèrement leur structure. Ces nouvelles protéines ont un potentiel antigénique, c’est-à-dire que, chez des personnes prédisposées, elles vont provoquer une réaction immunitaire et déclencher la production d’anticorps : les malades cœliaques présentent des anticorps de type IgA dirigés contre la gliadine du gluten et contre la transglutaminase tissulaire 2. Il est à mentionner ici que la gliadine se veut la protéine sur laquelle nous avons fait le plus de recherches scientifiques. Pourtant d’autres protéines peuvent avoir potentiellement la même conséquence sur le corps.

Au delà de la présence d’anticorps à la gliadine, la réaction enzymatique va  fréquemment provoquer une réponse inflammatoire qui aura pour conséquence la destruction progressive des villosités intestinales chargées de l’assimilation des aliments.

De plus, les fermentations et les putréfactions intestinales provenant d’aliments non métabolisés augmentent le niveau d’acidité  du milieu digestif provoquant  plus de dommages à la paroi intestinale. L’harmonie de la flore intestinale se rompt  et donne feu vert à de nombreux envahisseurs affaiblissant le système immunitaire. Comme déjà démontrés,  la perte d’étanchéité  de la paroi  digestive entraîne le passage  de molécules grossières dans la circulation sanguine et diminue l’absorption  des nutriments essentiels perpétuant la débandade vers la maladie. Le terrain biologique s’appauvrit, la défense du corps s’amenuise  pour éventuellement affecter  la respiration cellulaire. C’est à dire que les  mitochondries, des petits organites  essentiels dans les processus énergétiques de nos cellules perdent leur capacité d’utiliser efficacement  le glucose,  ce qui a pour effet :

  1. D’accélérer le vieillissement par accumulation de débris métaboliques et de radicaux libres,
  2. D’augmenter, dans certains cas, la graisse abdominale à cause d’un mauvais métabolisme glycémique,
  3. De provoquer de  l’inflammation  systémique, de la fatigue et de la douleur  diffuse,
  4. Et, enfin de réduire la disposition naturelle du corps à régénérer ses cellules.

Un cocktail  biochimique parfait pour faire basculer la santé !

 

Il n’y a pas que le blé

Hyperperméabilité intestinale et la dysbiose, sont  manifestement à l’origine de l’inflammation  chronique  caractéristiques  de nombreuses maladies dégénératives et auto-immunes dont la fibromyalgie, l’artériosclérose,le diabète, l’arthrose,  la spondylarthrite ankylosante, l’arthrite rhumatoïde, le lupus, la sclérose en plaque, le reflux –gastrique(GERD), la maladie de Crohn, l’Alzheimer, l’asthme, le cancer et j’en passe. D’autant plus, la littérature  médicale abonde de recherches scientifiques qui tentent d’élucider le lien entre le cerveau et l’intestin( brain – gut connection).

Oui, l’équilibre digestif est synonyme d’équilibre neuro-hormonal et immunitaire ou si vous préférez, le déséquilibre digestif rime avec chaos biochimique.

Ce que vous devez retenir c’est qu’il n’y a pas que le blé à lui seul qui occasionne ce désordre.

pain et grains

Bonté divine! Je vous assure qu’il ne faut pas tout mettre sur le dos du blé. Tous les allergènes ou  toutes les intolérances peuvent provoquer à la longue des lésions à l’intestin et activer le processus inflammatoire, tous les sucres sauf exceptionnellement  quelques– uns augmentent le taux de glycémie et d’acidité,  un excès de grains tout court  peut faire grimper la production d’insuline, favoriser l’apparition de graisse abdominale et du diabète…. et éventuellement  provoquer de l’inflammation. Le glucose réagit avec les protéines pour former des débris qu’on appelle les PTG ou produits terminaux de la glycation. Ces déchets contribuent de façon importante au vieillissement dû à une détérioration progressive et irréversible des structures protéiniques des tissus : ils durcissent les artères et le cartilage, voilent le cristallin de l’œil et perturbent les liaisons nerveuses du cerveau. Plus les pics de  glycémie sont élevés, plus ces déchets sont nombreux et plus le vieillissement s’accélère Bref, le blé est un facteur parmi bien d’autres qui nous ferait vieillir plus vite.

Il conviendra alors de réviser à l’instant ce qui devrait soulever  pour nous  une véritable inquiétude.

L’échec des régimes sans gluten

Quand la muqueuse digestive s’effrite, à la longue plus rien semble passer. Plusieurs personnes intolérantes se découragent et voit leur santé continuer à se détériorer. On doit parfois soupçonner d’autres intolérances alimentaires pouvant participer au problème, dont  les produits laitiers , les noix , le soja, certaines viandes et parfois  toutes  les céréales en général!

grains

Par exemple, le quinoa  et le maïs (qui sont reconnu pour ne pas contenir de gluten toxique ) contiennent  toutefois des prolamines, ces protéines qui entrent dans la composition du gluten. Selon des recherches parues en 2012 dans l’American Journal of Clinical Nutrition, ils semblent qu’ils puissent parfois stimuler une réponse immunitaire semblable à celle activée par la présence de gluten chez des personnes atteintes de maladie coeliaque. Le maïs et le quinoa perturberait les jonctions serrées de l’intestin, ayant un effet de toxicité ce qui  peut-être expliquerait l’échec de certains régimes sans gluten selon biologiste Elaine Gottschall et  journaliste scientifique, professeur de nutrition, Julien Venesson.

 

En tant que naturopathe, je suis d’avis  en vous proposant de revisiter votre approche à l’alimentation thérapeutique.

Suivez la plus sophistiquée et la plus avancée des approches, soit  celle qui soutient que ce sont les réactions biochimiques sous-jacentes  à l’ingestion d’aliments qui occasionnent le plus de ravages et non seulement l’aliment coupable de l’intolérance.

Je vous invite  donc à jetez un regard  nouveau sur la notion des intolérances.

Il est sage de retirer les aliments néfastes et allergènes suite à un test d’intolérances alimentaires  mais il est encore plus important  de corriger les faiblesses métaboliques s’y rattachant.

                 La santé c’est pour la vie!

Joanne DeGrâce, N.D, coach spirituelle

N’hésitez pas à consulter un(e) naturopathe afin de vous faire accompagner dans votre démarche.

Références

Breaking the vicious cycle, Elaine Gottschall

Research review –Cancer as a metabolic disease

Managing the multiple causes of chronic inflammation, Jacob Kornberg,M.D.

Grain Brain the surprising truth about wheat , carbs and sugar – your brain’s silent killers, Dr David Perlmutter M.D.

The next revolution in gut health restoration , Micheal B. Wald, M.D.

 

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