Apprivoiser la ménopause

Posted in: Articles Santé- Août 25, 2013 Pas de commentaires

Un nouveau regard culturel

Le terme ménopause est connu depuis 1823 dans la langue française. Les racines du mot proviennent du grec Mêniana : menstruation et pausis qui signifie cessation. Nos grand- mères disaient qu’elles traversaient l’âge critique ou l’appelaient  le retour de l’âge. La croyance populaire était qu’à la cessation des règles, le corps d’une  femme succombait à la déchéance. Une fois ménopausée, nous ne sommes pas moins femme pour autant!

Avec son histoire en dent de scie, le sujet de  la ménopause a fait couler beaucoup d’encre depuis cette époque.    Actuellement, les femmes refusent que l’hormonothérapie soit la seule possibilité, elles cherchent à se renseigner davantage sur la prise d’hormones et se procurent les moyens pour aller au fond des choses.

Réflexion personnelle

  1. Mais, avons- nous réussi à démystifier tous les fameux tabous qui entourent cette transition naturelle?
  2. Avons – nous finalement apprivoisé la ménopause?
  3. Y a-t-il encore pour vous des aspects méconnus à ce phénomène?

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une myriade d’informations, qui pour certaines, peut soulever encore beaucoup de questionnement et de doute.  Plongées  dans la  confusion quant aux multiples choix d’intervention, les femmes ne savent toujours pas où donner la tête. Hormones naturelles ou hormones bio-identiques, soya ou maca comme source de phytoestrogènes sont  les préoccupations du jour. La tendance d’attribuer à la ménopause tous les phénomènes de vieillissement  persiste encore ;  et, le fait de tout mettre sur le dos de la ménopause n’est pas moins courant. Nous sommes plus que jamais à la mode des chirurgies esthétiques et des élixirs de jouvence. La beauté et la minceur continue de définir et conditionné notre rapport à la féminité; ce qui empêche la femme de se percevoir autrement, avec toute sa potentialité .

Par curiosité personnel et intérêt professionnel, j’étudie et je conseille l’approche naturelle de la  ménopause depuis près  de vingt ans. Vers la fin trentaine, j’ai moi-même traversé des changements hormonaux précoces qui m’ont occasionnés des malaises importants. Mon corps  commençait déjà  à  se préparer lentement à cette nouvelle étape. Néanmoins, je savais  fondamentalement que c’était une occasion précieuse d’apprendre à mieux me connaître et de nourrir mon désir profond de changements.

Comme vous savez, tel que dans mon cas,  les signes précurseurs sont souvent perceptibles presque 10 ans avant la ménopause.

Les symptômes se manifestent sur tous les plans : physique, physiologique, psychologique et spirituel.

C’est bête! On ne soigne plus  seulement la ménopause mais aussi la péri-ménopause. En fait, plusieurs femmes commencent à consulter dès le début de la quarantaine même parfois à la trentaine, à qui l’on prescrit à  ce jour  principalement des anovulants et des antidépresseurs.

A l’ère où les tabous sont mis au rancart, nous  subissons toutefois la vision médicale, qui elle persiste à donner une  profusion d’hormones de synthèse aux femmes.  Elles sont  tantôt moins concentrées ou  dites  bio-identiques, mais elles sont tout de même des hormones chimiques… L’estrogène  que l’on nous  prescrit  est sous sa forme la plus active  et s’avère  dévastatrice pour certaines femmes.

Nous sommes toutefois épargnées avec la progestérone de source naturelle. D’autre part, la progestérone synthétique gagne du terrain sous la forme d’injections, d’anneau  vaginal ou de stérilet. On nous propose des petites pilules pas fortes, des timbres, des gels, pour ne pas mentionner des injections et ce, en alternance pour presque la durée d’une  vie! Certaines pilules régularisent les règles, d’autres pilules  allègent les douleurs et d’autres  arrêtent le cycle tout court! Pas « cool «  d’avoir ses menstruations en vacances!

Il y a presque autant de symptômes de péri-ménopause qu’il y a de femmes. Oui, nous avons progressé sur le plan médical, j’en conviens, et je reconnais que dans certains cas, l’hormonothérapie  ou la prise de contraceptifs s’avère indispensable. Cependant, en arrière fond, nos  comportements vis-à-vis la ménopause sont influencés par les mêmes désirs de rester belle, jeune, énergique et indispensable!

N’y-a-t-il pas un déni continuel d’admettre qu’un cycle s’achève, imposant de revisiter une réalité intérieure?

Il reste que nous n’avons pas changé  les paradigmes sociaux.

Bien que les symptômes soient parfois lourds et persistants, ils   sont toutefois un appel  à l’intériorité. Son sens caché nous rappelle à l’essentiel.

Plus on résiste à se rendre disponible à soi, à s’accueillir pleinement dans sa féminité, plus  le corps  réagira.

Je suis outrée à l’idée que les femmes soient en quelque sorte médicamentées avec des hormones chimiques depuis la jeune adolescence jusqu’à presque leur fin de vie. Bien que  l’usage des hormones  ne soit recommandé  en général que pour une durée de 5 ans ou moins, la consigne ne semble pas respecté.

Je me permets de sortir du sujet  de la ménopause afin d’illustrer une réalité féminine déconcertante.

En consultation, je reçois  trop souvent des témoignages de femmes qui prennent des contraceptifs depuis une période de plus de 15ans. Celles – ci voulant tomber enceinte, ne le peuvent malheureusement dans un délai prévu, pour des raisons de débalancements hormonaux. Rares sont celles qui interrompent l’intervention hormonal sauf dans les cas de femmes qui veulent devenir enceinte. Aussitôt la grossesse  et l’allaitement terminés, la prise d’hormone recommence.

Ne faut-il pas s’interroger sérieusement sur le taux  croissant de cancers féminins et de cas d’infertilité ?

Je me range du coté du Ministère de la Santé et des services sociaux qui stipule qu’environ  80 % des femmes n’ont besoin d’aucune hormone. Je suis parmi celles qui reconnaissent qu’au- delà du sentiment de vulnérabilité et des inévitables malaises, la ménopause constitue le point de départ d’une nouvelle étape de  vie.

Il faut apprivoiser la ménopause!

Sans la nier, ni la subir, il  faut se pencher sur la tendance populaire à surmédicaliser ce phénomène pourtant naturel. Nous devons  percevoir  la ménopause autrement et faire d’elle une véritable source  de renouvellement.

Le discours médical dominant sème toujours l’inquiétude auprès des femmes. En prescrivant la facilité,  il  perpétue malheureusement l’idée de  performance sans faille et nous fige dans le modèle masculin.  Nous sommes appelées collectivement à nous redéfinir comme femme, afin de contribuer à un nouveau monde émergeant.

N’aurions- nous pas tout  intérêt à abdiquer à de telles pressions sociales afin de nourrir et apprivoiser le féminin universel qui nous habite ?

Le monde médical et les féministes ont tour à tour proposé des moyens externes pour faire face aux symptômes liés aux changements hormonaux. Cependant, non seulement les messages qu’ils véhiculent produisent des effets à long terme sur la santé de la femme mais ils  impactent sérieusement l’émergence d’une nouvelle conscience féminine.

Nous invalidons le pouvoir créateur du féminin dont nous  sommes  porteuses.  Nous oublions que le Divin nous confie  l’héritage de perpétuer la vie et  ensemble, nous devons protéger  la fibre créatrice primale. Nous sommes responsables de préserver la qualité de la fertilité dans tous les sens du mot.  En fait, nous sommes de véritables gardiennes de l’énergie shakti, c’est – à- dire de l’énergie liée à la terre, sa préservation  et  sa sagesse.

femmes

La fin des années fertiles ne nous donne pas le privilège d’enfreindre ce droit, mais  bien au contraire; nous devons désormais exhorter la jeune génération  à jeter un nouveau regard culturel sur la santé de la femme.

Couronnées d’un nouveau statut de sagesse et de maturité, c’est à nous humblement  que revient  le flambeau d’inspirer et d’élever la conscience de l’évolution  féminine universelle. Épanouie, digne et rayonnante,  nous  servons de modèle d’inspiration pour les jeunes femmes.

  • Vantez les mérites de vos choix naturels comme solutions de rechange.
  • Montrez l’exemple en vous accordant du temps, investissez dans ce que vous êtes, plutôt que ce que vous avez.
  • Vivez en accord avec votre rythme intérieur, exploitez votre créativité et cultivez votre vie spirituelle.
  • Nourrissez votre sentiment de continuité et d’expansion.
  • Ne soyez pas désemparées devant la transition la plus cruciale de notre vie.

C’est dans un esprit  revendicateur que  j’écris ces propos.   En tant  que guerrière de lumière, je vous invite  à réviser votre approche face à la péri-ménopause,  à établir de nouveaux paradigmes, et à protéger le sens profond d‘être femme afin de nous amener progressivement vers un nouvel équilibre de conscience unifié.

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